Sommeil du chien : heures de sommeil, phases et conseils
Par Races de Chiens
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Publié le 19 mai 2026
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⏱ 7 min de lecture
Combien d’heures dort un chien par jour ? La réponse surprend souvent les nouveaux propriétaires : entre 12 et 18 heures pour un adulte, jusqu’à 20 heures pour un chiot ou un chien âgé. Loin d’être de la paresse, ce sommeil prolongé répond à des besoins physiologiques profonds, et son qualité conditionne directement le comportement, l’humeur et la santé du chien. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le sommeil canin, ses phases et ce qui peut le perturber.
Combien d’heures dort un chien
Le besoin en sommeil d’un chien varie selon plusieurs facteurs :
- Chiot (jusqu’à 6 mois) : 18 à 20 heures par jour. La croissance cérébrale et corporelle demande énormément d’énergie de récupération.
- Jeune adulte (6 mois à 2 ans) : 14 à 16 heures. Pic d’activité, sommeil encore important mais entrecoupé.
- Adulte (2 à 7 ans) : 12 à 14 heures pour une race active, 14 à 16 heures pour une race calme ou casanière.
- Senior (au-delà de 7-8 ans) : 16 à 20 heures. Le métabolisme ralentit, la récupération est plus longue.
- Grandes races (Dogue Allemand, Saint-Bernard, Terre-Neuve) : dorment plus que la moyenne, 14 à 18 heures même à l’âge adulte.
Ce temps de sommeil n’est pas concentré la nuit comme chez l’humain. Le chien dort par cycles, alternant des phases de sommeil profond et des phases d’éveil tout au long du jour. Une bonne partie de la journée d’un chien est en « sommeil léger », où il dort tout en restant attentif aux bruits.
Les phases du sommeil canin
Le sommeil du chien suit une structure proche de celui des mammifères en général, avec quelques spécificités :
- Phase d’endormissement (5-10 minutes) : le chien se couche, se réinstalle parfois plusieurs fois, ralentit sa respiration.
- Sommeil lent léger (50 à 60 % du temps total) : le chien dort mais reste sensible aux stimuli. Réveil quasi instantané. C’est la majorité des siestes de journée.
- Sommeil lent profond (15 à 20 % du temps) : tonus musculaire effondré, réveil plus lent, récupération physique maximale.
- Sommeil paradoxal (REM, 10 à 12 % du temps) : phase de rêves. Mouvements oculaires rapides sous les paupières, contractions musculaires (« il court en rêvant »), petits jappements ou frottements. Phase essentielle à la consolidation de la mémoire et de l’apprentissage.
Une particularité : les chiens passent moins de temps en sommeil paradoxal que les humains (10-12 % contre 20-25 % chez l’humain), mais ils rêvent réellement, comme l’ont confirmé plusieurs études en électroencéphalographie. Les chiots et les chiens âgés passent davantage de temps en sommeil paradoxal.
Que se passe-t-il pendant le sommeil
- Récupération physique : réparation des micro-lésions musculaires, libération d’hormone de croissance chez le chiot, recharge des stocks énergétiques.
- Consolidation de la mémoire : ce que le chien a appris dans la journée est intégré pendant le sommeil paradoxal. Une session d’éducation suivie d’un repos est beaucoup plus efficace qu’une longue session continue.
- Régulation immunitaire : production des cellules de défense, lutte contre les infections. Un chien privé de sommeil tombe plus facilement malade.
- Régulation émotionnelle : le sommeil permet de « digerer » les expériences stressantes ou stimulantes du jour. Un manque de sommeil chronique entraîne irritabilité, hyperactivité paradoxale ou agressivité.
- Croissance cérébrale (chez le chiot) : l’essentiel du développement neuronal a lieu pendant le sommeil.
Ce qui perturbe le sommeil
- Environnement bruyant : enfants qui jouent en permanence, télévision allumée, va-et-vient constant.
- Couchage inadapté : sol dur sans tapis (douloureux pour les articulations), couchage trop petit, exposition aux courants d’air.
- Stress : familles en conflit, déménagement récent, nouvelle présence dans la maison (bébé, autre animal).
- Douleur : arthrose, otite, pathologies digestives. Un chien qui change ses habitudes de sommeil (insomnies, changement frequent de position) doit faire l’objet d’une consultation.
- Ennui : un chien qui ne dépense pas son énergie physique et mentale dort mal, et inversement.
- Hyperactivité : trop d’activité sans phase de calme. Le chien doit aussi apprendre l’art du repos.
- Problèmes neurologiques chez le chien âgé : syndrome de dysfonctionnement cognitif (« alzheimer canin »), insomnies nocturnes typiques.
Le couchage idéal
Le panier ou la couette doit cocher plusieurs cases :
- Taille adaptée : le chien doit pouvoir s’allonger complètement étiré, en boule, et changer de position. Pas trop grand non plus (impression de sécurité réduite).
- Épaisseur suffisante : 5 à 10 cm minimum pour amortir les points de pression. Pour les chiens âgés ou arthrosiques, mémoire de forme recommandée (60-150 euros, marques Trixie Orthopédique, PetFusion, Big Shrimpy).
- Matériau respirant en été, isolant en hiver. Tissus naturels privilégiés.
- Déhousse facile : housse amovible et lavable en machine à 60°C minimum (limination des acariens).
- Antidérapant en dessous pour les chiens qui s’agitent.
- Bords surélevés : appréciés par les petits chiens et les chiens en boule. Éviter pour les grandes races qui préfèrent s’étaler.
Emplacement stratégique : un endroit calme, légèrement à l’écart mais sans isoler le chien du groupe familial. Pas dans un couloir de passage, pas près d’une porte d’entrée, pas en plein courant d’air. La salle à manger ou un coin du salon fonctionnent bien.
Pour les chiens stressés ou anxieux, une niche couverte type « caverne » peut apporter un sentiment de sécurité. Voir aussi notre guide sur l’anxiété de séparation.
Le chien dans la chambre
Question récurrente : peut-on laisser dormir son chien dans la chambre ? La science est plutôt favorable :
- Une étude de Mayo Clinic en 2017 a montré que dormir avec son chien dans la chambre (mais pas dans le lit) améliore la qualité subjective du sommeil chez l’humain, avec un sentiment de sécurité accru.
- Pour le chien, dormir près du groupe familial répond à son besoin grerégaire et réduit son stress.
- Dans le lit, c’est plus discutable : les humains se réveillent plus souvent (mouvements du chien), les acariens et poils peuvent géner les allergiques.
- Pour les chiots, dormir près du maître les premières nuits aide énormément à l’adaptation et réduit les pleurs nocturnes.
Conclusion : panier dans la chambre = bénéfique. Chien dans le lit = au choix, sans culpabilité mais sans illusion sur la qualité du sommeil partagé.
Troubles du sommeil chez le chien
- Insomnies : chien qui ne tient pas en place la nuit, se réveille fréquemment. Causes fréquentes : douleur (arthrose), anxiété, syndrome de dysfonctionnement cognitif chez les seniors, ennui non comblé.
- Hypersomnie : un chien qui dort 22 heures par jour sans variation peut souffrir d’hypothyrhoidie, de dépression, ou de pathologie sous-jacente. Consultation conseillée.
- Narcolepsie : rare, touche surtout le Doberman et le Labrador. Le chien s’endort brusquement, parfois en pleine activité. Diagnostic vétérinaire précis.
- Ronflements : très courants chez les brachycéphales (Bouledogue Français, Carlin, Boxer). Au-delà de l’épisode banal, surveiller le syndrome obstructif des voies respiratoires.
- Apnées du sommeil : observées surtout chez le Bouledogue Anglais et le Carlin. Périodes d’arrêt respiratoire suivies de reprises bruyantes. Consultation vétérinaire indispensable.
- Sursauts nocturnes intenses : peuvent indiquer des cauchemars (sommeil paradoxal pathologique), des troubles émotionnels ou des pathologies neurologiques.
Aider son chien à mieux dormir
- Activité physique régulière et adaptée à la race : un chien qui dépense bien son énergie dort mieux.
- Stimulation mentale : jeux de fouille, jouets distributeurs, ordres travaillés. Le chien fatigue plus mentalement que physiquement.
- Rituel du soir : dernière sortie 30 à 60 minutes avant la nuit, ambiance calme, lumières tamisées.
- Régularité : couchers et levers à horaires constants. Le chien aime la prévisibilité.
- Réduction du stress : éviter les conflits familiaux près de l’horaire du coucher, limiter les nouvelles personnes à la maison en soirée.
- Pour les chiens anxieux : phytothérapie douce (camomille, valeriane sous forme de friandises), Adaptil (diffuseur de pheromones apaisantes), prescription vétérinaire si troubles persistants.
Le sommeil d’un chien en dit beaucoup sur sa qualité de vie. Un chien qui dort bien, dans un environnement adapté, avec une activité équilibrée dans la journée, est un chien serein, sociable, en bonne santé. À l’inverse, des troubles du sommeil persistants sont souvent le premier signal d’un mal-être ou d’une pathologie sous-jacente. Mieux vaut donc ne pas négliger cette dimension du quotidien, même quand tout semble aller bien.