Le Sloughi, aussi appelé lévrier arabe ou lévrier berbère, est un lévrier millénaire originaire du Maghreb, où il accompagne les tribus du désert depuis des siècles comme chien de chasse à vue rapide et fidèle. On le trouve principalement au Maroc, mais aussi en Algérie, en Tunisie et en Libye. Surnommé le seigneur des chiens dans la culture marocaine, il chassait la gazelle, le lièvre ou le chacal. La FCI le classe au groupe 10, celui des lévriers, sous le standard numéro 188.
C’est un grand lévrier sec, élégant et athlétique, taillé pour la course. Les mâles mesurent de 66 à 72 cm au garrot, les femelles de 61 à 68 cm, pour un poids d’environ 18 à 30 kg selon le sexe. Son poil est ras, court et fin, dans des robes sable, fauve ou bringée, avec ou sans manteau noir. Son regard sombre à l’expression douce et nostalgique fait partie de son charme si particulier. Contrairement à l’Aïdi, l’autre grande race marocaine qui est un chien de garde, le Sloughi est un pur lévrier de chasse.
Le Sloughi est un chien noble et réservé, au tempérament introverti et parfois qualifié de mélancolique. Calme et posé à la maison, discret et peu aboyeur, il n’a rien d’un chien démonstratif. Il noue en revanche un lien d’une intensité rare avec son maître, souvent une seule personne, à laquelle il voue un attachement sans faille.
Très sensible, il est aussi indépendant et intelligent, mais pas particulièrement porté sur l’obéissance : il coopère lorsqu’il en comprend l’intérêt. Envers les inconnus, il se montre distant et méfiant, sans agressivité, ce qui en fait un bon vigile discret. Comme tous les lévriers, il conserve un fort instinct de chasse et devient un sprinter fulgurant dès qu’il court. Proche cousin du Saluki du Moyen-Orient, il s’en distingue par son poil exclusivement ras et son caractère encore plus introverti.
L’éducation du Sloughi repose impérativement sur la douceur. C’est un chien fier et hypersensible, avec lequel toute dureté ou brusquerie détruirait durablement la relation de confiance, sans jamais donner de résultat. Il faut au contraire bâtir une complicité fondée sur le respect mutuel, la patience et la cohérence.
Intelligent, il apprend vite lorsqu’il en a envie, mais son indépendance rend le rappel délicat, d’autant que son instinct de poursuite peut le rendre sourd à tout appel. Il faut donc le travailler tôt et rester prudent en espace ouvert. Une socialisation précoce l’aide à mieux gérer sa réserve naturelle.
Le Sloughi est un chien robuste, endurant et résistant, réputé pour avoir peu de tares génétiques. Son espérance de vie se situe entre 12 et 15 ans. Adapté au climat du désert, il supporte très bien la chaleur, mais craint en revanche le froid et l’humidité.
La principale affection héréditaire de la race est l’atrophie progressive de la rétine, une maladie oculaire pouvant conduire à la cécité, pour laquelle un test génétique existe. Comme tous les lévriers, il présente enfin une sensibilité particulière aux anesthésiques et à certains médicaments, que le vétérinaire doit impérativement prendre en compte.
Athlète taillé pour la course, le Sloughi a besoin d’une alimentation de qualité, riche en protéines et en matières grasses, pour soutenir son énergie remarquable. Des croquettes premium pour chiens actifs, ou une ration ménagère équilibrée à base de viande maigre, de riz et de légumes, lui conviennent parfaitement.
La ration est à ajuster selon son âge et son niveau d’activité réel, et de préférence répartie en deux repas quotidiens. Sa silhouette naturellement fine, avec des côtes légèrement visibles, est normale pour ce lévrier et ne doit pas conduire à le suralimenter.
Le Sloughi est l’archetype du chien facile d’entretien. Son poil ras se contente d’un brossage une à deux fois par semaine, avec une brosse douce ou un gant, pour éliminer les poils morts et entretenir sa brillance. Aucun toilettage professionnel n’est nécessaire, et les mues sont discrètes.
Sa sensibilité au froid justifie un manteau pour les sorties hivernales. Les bains restent occasionnels, et il convient simplement de surveiller régulièrement ses oreilles, ses dents et ses griffes.
Calme et propre à l’intérieur, le Sloughi peut vivre en appartement, à la condition impérative de bénéficier chaque jour d’un vrai programme d’exercice, avec des occasions de galoper librement dans un espace sécurisé. Son besoin de dépense physique est important et ne doit pas être sous-estimé.
En famille, il est doux et loyal, mais sa réserve et sa sensibilité le destinent plutôt à un foyer calme et à des maîtres respectueux de sa nature. Son instinct de chasse impose la prudence avec les petits animaux. À noter enfin que le Sloughi est une race rare, aujourd’hui considérée comme menacée, ce qui rend d’autant plus précieux le travail des éleveurs passionnés qui la préservent.
Le prix d’un chiot Sloughi inscrit au LOF se situe généralement entre 900 et 1 300 euros, avec des variations selon la conformité au standard, la lignée et la renommée de l’élevage. La race étant rare, il faut souvent s’adresser à des éleveurs spécialisés et parfois patienter.
Au quotidien, son entretien reste économique, avec un budget mensuel d’environ 60 à 100 euros, alimentation et soins courants compris. Une assurance santé est conseillée pour anticiper les imprévus.
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