Le Saluki, ou lévrier persan, est l’une des plus anciennes races de chiens au monde, présente au Moyen-Orient depuis des millénaires. Compagnon des tribus nomades du désert, il était vénéré et considéré comme un cadeau précieux, employé pour la chasse à vue à la gazelle et au lièvre sur de longues distances. La FCI le classe au groupe 10, celui des lévriers, sous le standard numéro 269.
C’est un lévrier de taille moyenne à grande, fin, souple et athlétique, dont toute la silhouette respire l’élégance. Il mesure de 58 à 71 cm au garrot pour un poids d’environ 18 à 27 kg. La race existe en deux variétés de poil, l’une à franges, avec de longues soies aux oreilles, à la queue et à l’arrière des pattes, l’autre à poil ras. Dans les deux cas, le poil est fin et soyeux, dans une grande diversité de couleurs.
Le Saluki est un chien d’une grande dignité, souvent qualifié d’aristocrate. Indépendant et réservé, il peut paraître distant, voire hautain, avec les inconnus, sans jamais être agressif. Avec sa famille, il est en revanche profondément attaché et fidèle, même s’il exprime son affection avec retenue plutôt que par des débordements.
À la maison, c’est un compagnon remarquablement calme et silencieux, qui n’aboie presque pas et apprécie le repos. Mais c’est aussi un chasseur né, doté d’un instinct de poursuite très puissant : à la vue d’une proie, il devient totalement focalisé et sourd à tout rappel. Sensible, il supporte mal la solitude prolongée comme la brutalité.
Fort de siècles passés à chasser en autonomie, le Saluki a un tempérament indépendant qui rend son éducation délicate, et la race n’est pas conseillée à un premier maître. Il comprend vite, mais n’obéit que s’il y trouve un sens, et se braque face à la contrainte. Seules la douceur, la finesse et la patience, dans le respect de l’animal, portent leurs fruits.
La socialisation précoce est essentielle pour éviter qu’il ne devienne trop craintif. Comme chez tous les lévriers, le rappel reste le grand défi : son instinct de chasse pouvant prendre le dessus à tout instant, il faut le travailler tôt et rester prudent en espace ouvert.
Le Saluki est un chien robuste et endurant, réputé pour sa bonne santé générale et l’absence de maladie héréditaire vraiment spécifique à la race. Son espérance de vie se situe entre 12 et 14 ans. Il ne faut surtout pas le croire fragile : c’est au contraire l’un des lévriers les plus rustiques.
Les principaux points de vigilance concernent le cŒur, avec des prédispositions à certaines maladies cardiaques, et de manière plus secondaire des troubles thyroïdiens. Comme tous les lévriers, il présente une sensibilité particulière aux anesthésiques, que le vétérinaire doit connaître. Enfin, sa finesse et son absence de sous-poil le rendent sensible au froid.
Athlète de fond, le Saluki a besoin d’une alimentation de qualité, riche en protéines et suffisamment énergétique pour soutenir son métabolisme taillé pour l’effort. Des croquettes premium adaptées aux chiens sportifs, ou une ration ménagère équilibrée à base de viande de qualité, lui conviennent parfaitement.
La ration est à répartir de préférence en deux repas quotidiens, en évitant l’effort intense juste avant ou après. Sa silhouette naturellement fine, avec des côtes parfois visibles, est normale pour la race et ne doit pas conduire à le suralimenter.
L’entretien du Saluki est simple. Son poil fin et soyeux ne s’emmêle guère, et la variété à poil ras est pratiquement autonettoyante. Un brossage d’une à deux fois par semaine suffit, avec une attention particulière aux longues franges de la variété frangée, surtout en période de mue.
Les bains restent occasionnels, avec un shampoing doux. Comme pour tout chien, il convient de surveiller régulièrement les oreilles, les dents et les griffes. En raison de sa sensibilité au froid, un manteau peut être utile pour les sorties hivernales.
Grâce à son calme étonnant à l’intérieur, le Saluki peut tout à fait vivre en appartement : il y est silencieux, propre et discret. La condition est impérative en revanche : il lui faut de véritables occasions de courir et de se dépenser chaque jour, sur de longues distances et dans des espaces sécurisés, car son besoin d’exercice est important.
En famille, c’est un compagnon doux et attaché, qui apprécie des maîtres calmes et respectueux de sa sensibilité. Sa réserve naturelle et son instinct de chasse invitent à la prudence avec de très jeunes enfants et les petits animaux. Pour un maître sportif, patient et séduit par son élégance singulière, le Saluki se révèle un compagnon d’exception.
Le prix d’un chiot Saluki inscrit au LOF se situe généralement entre 900 et 1 500 euros, avec des variations selon la lignée et l’élevage, certains sujets dépassant ce montant. La race reste confidentielle en France et élevée surtout par des passionnés soucieux de préserver son type et sa santé.
Au quotidien, le budget d’entretien reste modéré, autour de 70 à 110 euros par mois, alimentation de qualité et soins courants compris. Une assurance santé est conseillée pour anticiper les imprévus, notamment cardiaques.
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