Il existe une technique cynégétique aussi fascinante qu’efficace : attirer le canard sauvage en faisant gambader un chien roux sur le rivage. C’est précisément ce pour quoi le Retriever de la Nouvelle-Écosse a été créé. Son pelage coloré et ses mouvements vifs sur la rive intriguent les canards qui s’approchent, permettant au chasseur de tirer à courte distance. Cette technique s’appelle le tolling, et elle a donné son nom complet à la race : Nova Scotia Duck Tolling Retriever — ou Toller pour les intimes.
En dehors de la chasse, le Toller est un chien d’une grande polyvalence. Vif, intelligent et affectueux, il conquiert rapidement ceux qui le découvrent, même si sa forte personnalité et son niveau d’énergie demandent un propriétaire engagé. C’est l’une des races les plus populaires dans les épreuves sportives canines, où ses aptitudes naturelles font merveille.
La race s’est développée dans la région de Yarmouth, sur la côte atlantique canadienne, au XIXe siècle. Les colons de la région de Little River ont sélectionné des chiens capables d’attirer le gibier d’eau en imitant le comportement d’un renard jouant près de l’eau — les chasseurs autochtones avaient observé ce phénomène bien avant l’arrivée des Européens. Les ascendants probables du Toller incluent le Flat-Coated Retriever, le Spitz-type, le Cocker Spaniel et peut-être le Chien d’Élu irlandais.
La race fut officiellement reconnue par le Kennel Club du Canada en 1945, puis par la FCI sous le numéro 312 dans le groupe 8. Sa reconnaissance internationale est venue tardivement : il n’est que depuis quelques décennies qu’il gagne des fans en Europe. En France, il reste rare mais sa popularité croîtsans cesse, portée par sa beauté et ses aptitudes sportives remarquables.
Le Toller est un chien de taille moyenne, compact et musclé, dont la silhouette évoquée souvent celle d’un petit Golden Retriever. La tête est en coin, avec un stop modéré, des yeux en amande de couleur ambre à brun et une expression alerte et intelligente. Le corps est profond et bien construit, les membres solides et bien angulés pour la natation et le galop.
La queue est fournie et portée gaiement — quasi constamment en mouvement. Une des particularités du Toller est sa voix : lorsqu’il est excité ou travaille, il peut émettre un cri aigu et pénétrant appelé le « Toller scream ». Ce son très particulier peut dérouter les nouveaux propriétaires qui ne l’avaient pas anticipé.
Le manteau est double : un sous-poil dense et légèrement ondulé assure la thermorrégulation et l’imperméabilité, tandis qu’une couche de garde plus longue et droite protège contre les éléments. Des franges ornent les oreilles, les membres et la queue. La couleur est uniformement rousse ou rouge dorée, avec des marques blanches sur le museau, la poitrine, les pattes et parfois la queue. Ces marques blanches sont caractéristiques de la race et sont prévues par le standard.
Les mâles mesurent entre 48 et 53 cm au garrot pour un poids de 20 à 23 kg. Les femelles oscillent entre 45 et 51 cm pour 17 à 20 kg. C’est la plus petite race de retrievers reconnue par la FCI, ce qui en fait un chien parfois plus adapté à des espaces réduits que ses cousins Labrador ou Golden — à condition bien sûr que ses besoins en activité soient couverts.
Le Toller est un chien d’une grande intelligence, parfois dérouté par des propriétaires qui ne l’ont pas anticipé. Il n’est pas aussi demândéur d’affection que le Golden Retriever ni aussi poét que le Labrador : c’est un chien plus indépendant, qui garde toujours un léger fond de réserve avec les inconnus. Cette propriété le rend moins adapté à la vie dans un foyer très ouvert sur l’extérieur, mais idéal pour les familles qui recherchent un chien loyal avant tout.
Ce que beaucoup de propriétaires ne savent pas avant d’adopter un Toller, c’est que son niveau d’exigence mentale est élevé. Il s’ennuie vite si on ne lui propose pas suffisamment de stimulation. Un Toller sous-stimulé peut devenir inventif d’une façon qui ne plaira pas forcément à ses propriétaires : il cherchera ses propres occupations.
Dévoué et affectueux avec sa famille, le Toller établit des liens forts avec ses proches. Il peut être légèrement plus réservé avec les étrangers que ses cousins retrievers, ce qui en fait un meilleur chien de garde dans le sens où il signale l’arrivée d’inconnus, sans pour autant présenter d’agressivité. Sa nature alerte en fait aussi un excellent chien de détection en milieu opérationnel.
Excellent avec les enfants, le Toller partage leur goût du jeu et de l’activité physique. Sa taille modérée et son énergie maîtrisable en font un bon compagnon même pour des enfants de 5 à 6 ans. Sa tendance à mordiller des objets pendant la phase d’adolescence demande une supervision avec les très jeunes enfants.
Généralement sociable avec les autres chiens, le Toller peut manifester de la réserve face à des individus trop intrusifs. Son instinct de chasse reste présent, notamment vis-à-vis des petits animaux et des oiseaux. Une socialisation précoce et progressive avec les chats et autres animaux du foyer est recommandée.
Parmi les races les plus facilement éducables, le Toller brille par sa réactivité et sa mémoire. Il apprend extrêmement vite — ce qui signifie aussi qu’il apprend très vite les mauvaises habitudes si on le laisse les prendre. Son intelligence fine lui permet de trouver des failles dans les règles et de les exploiter, d’où la nécessité d’une éducation cohérente dès le premier jour.
Le renforcement positif est la voie royale avec le Toller. Les séances doivent être variées et stimulantes : il se lasse rapidement des exercices répétitifs. Les sports canins — agility, obéissance, pistage, canicross, disc dog, flyball, tolling — lui conviennent parfaitement et lui permettent d’exprimer l’ensemble de ses capacités. Des champions du monde sont régulièrement issus de cette race en agility.
L’erreur la plus fréquente est de traiter le Toller comme un retriever classique. Il est plus exigeant mentalement et moins tolérant à l’ennui que le Labrador ou le Golden. Laisser ce chien sans stimulation suffisante conduit inévitablement à des problèmes comportementaux. De même, son sens indépendant peut pousser des maîtres inexpérimentés à réagir par la contrainte — une approche contre-productive qui risque de générer du stress et de la méfiance.
Le Toller a une espérance de vie de 12 à 14 ans, satisfaisante pour sa taille. Les sujets issus d’élevages sérieux pratiquant les dépistages appropriés vivent fréquemment jusqu’à 14 ou 15 ans en bonne santé. La race souffre cependant de plusieurs prédispositions génétiques qu’il est important de connaître.
Le suivi vétérinaire annuel est indispensable. Pour le Toller, un bilan hormoénal périodique peut être recommandé en cas de symptômes évoquant une maladie d’Addison (fatigue, vomissements, perte de poids inexpliquoquée). Le dépistage génétique des parents pour la PRA est un critère de sélection important. Les examens oculaires réguliers (une fois par an) sont recommandés.
Chien actif de taille moyenne, le Toller a des besoins énergétiques modérés à élevés selon son niveau d’activité. Sa morphologie fine et athlétique se maintient bien avec une alimentation équilibrée et un exercice régulier. Il est moins sujet au surpoids que le Labrador, mais la vigilance reste de mise si l’activité diminue.
Une alimentation riche en protéines animales de qualité (poulet, saumon, agneau) est idéale. Les oméga-3 issus du poisson gras contribuent à l’éclat du pelage roux et à la santé articulaire. Les croquettes premium, la ration ménagère ou la BARF conviennent, à condition que la formulation soit adaptée à l’âge et au niveau d’activité du chien.
Pour un adulte de 20 kg avec niveau d’activité élevé, comptez environ 220 à 280 g de croquettes haut de gamme par jour, répartis en deux repas. Adapter la ration selon le poids contrôlé mensuellement. Un repos d’une heure après le repas avant toute activité intense est recommandé.
Le double manteau du Toller demande un brossage régulier, surtout en période de mue saisonnière où il perd son sous-poil abondamment. Deux à trois brossages par semaine, avec un démêle-poil ou un rake pour le sous-poil, suffisent hors mue. Un bain mensuel ou après les sessions en eau maintient le manteau propre et brillant.
Comme pour tous les chiens à oreilles tombantes, le nettoyage régulier des oreilles est essentiel, surtout si le chien nage fréquemment. Les pattes doivent être inspectées après chaque sortie en terrain varié. Les ongles, les dents et les yeux font partie des points de contrôle habituels lors de chaque toilettage.
Un à deux passages chez le toiletteur par an suffisent pour un entretien courant. La race ne requiert pas de coupe structurée : un léger réglage des franges et un bain professionnel en période de grande mue est tout ce dont elle a besoin. L’essentiel de l’entretien est fait à domicile.
Sa taille modérée le rend plus adapté à la vie en appartement que le Labrador ou le Golden, mais son niveau d’énergie et ses besoins de stimulation imposent une activité quotidienne intense. Un appartement avec des sorties longues et des sessions sportives régulières fonctionne. Une maison avec jardin clôturé reste idéale. L’accès régulier à l’eau — piscine, rivière, lac — est un plaisir dont il ne se lasse jamais.
Une heure trente à deux heures d’activité physique quotidienne, incluant des temps de liberté et de stimulation mentale. Le Toller n’est pas un chien de canapé : il a besoin de courir, nager, chercher et travailler son flair. Les propriétaires actifs qui pratiquent un sport canin avec lui obtiennent généralement les meilleurs résultats en termes d’équilibre comportemental.
Issu des côtes atlantiques canadiennes, le Toller est parfaitement adapté aux temps froids et humides. Son double manteau imperméable le protège efficacement. La chaleur est davantage à gérer : adapter l’intensité des sorties en été, privilégier les heures fraîches et garantir l’accès à l’eau fraiche en permanence.
La race est rare en France : les portées disponibles sont peu nombreuses et les listes d’attente peuvent être longues chez les éleveurs sérieux. Un chiot LOF est proposé entre 1 000 et 1 500 euros, parfois plus pour des lignées sportives titrées. Il est très déconseillé d’acheter hors éleveur référencé ou via des sites d’annonces sans garanties. Se rapprocher du Club Français du Nova Scotia Duck Tolling Retriever est la meilleure démarche.
Environ 80 à 120 euros par mois pour l’alimentation, l’assurance santé et les soins courants d’un Toller adulte. Sa taille modérée contient les dépenses alimentaires en dessous de celles des grandes races. En revanche, si vous le pratiquez en sport canin compétitif, prévoir le budget lié aux inscriptions, déplacements et équipements.
Sur 13 ans de vie moyenne, l’investissement total tourne autour de 15 000 à 20 000 euros toutes dépenses confondues. La prédisposition au syndrome AIMST et aux maladies auto-immunes peut générer des soins vétérinaires supplémentaires, ce qui justifie une assurance santé bien dimensionnée.
Un bon éleveur de Toller pratique systématiquement les dépistages pour la dysplasie (hanche et coude), la PRA (test ADN), les examens oculaires et cardiaques. Il est généralement impliqué dans le club de race, participe à des épreuves sportives ou de travail, et connaît bien le standard. Il sera aussi attentif à placer ses chiots dans des foyers capables de répondre aux besoins de la race.
Rare en refuge en France, mais pas impossible. Les quelques Tollers qui s’y retrouvent sont souvent des jeunes adultes dont le propriétaire avait sous-estimé le niveau d’exigence. Adopter un adulte est possible et gratifiant à condition de comprendre les besoins spécifiques de la race et d’avoir le mode de vie adéquat.
| Critère | Note | Détail |
|---|---|---|
| Taille | Moyen | 45-53 cm, 17-23 kg |
| Espérance de vie | Bonne | 12 à 14 ans |
| Niveau d’énergie | 4/5 | Très actif, 1h30 minimum |
| Intelligence | 5/5 | Exceptionnelle, stimulation mentale indispensable |
| Affection | 4/5 | Dévoué, légèrement réservé avec les inconnus |
| Facilité d’éducation | 4/5 | Très réceptif, demande cohérence |
| Entente enfants | 5/5 | Excellent avec les enfants actifs |
| Entente animaux | 4/5 | Bonne, instinct de chasse modéré |
| Besoin toilettage | 3/5 | 2-3 brossages/semaine, attention aux mues |
| Robustesse santé | 3/5 | Surveiller maladies auto-immunes et hanches |
| Prix chiot LOF | Élevé | 1 000 à 1 500 € |
| Budget mensuel | Modéré | 80 à 120 €/mois |