Le Galgo Espagnol, ou lévrier espagnol, est un lévrier ancien originaire d’Espagne, où il est utilisé depuis des siècles pour la chasse au lièvre à la course. Descendant des lévriers antiques, il rappelle le Greyhound, mais s’en distingue par une silhouette plus fine, une ossature compacte et une endurance supérieure qui en font un spécialiste du coursing. La FCI le classe au groupe 10, celui des lévriers, sous le standard numéro 285.
C’est un chien de taille moyenne à grande, élégant et athlétique. Les mâles mesurent de 62 à 70 cm au garrot, les femelles de 60 à 68 cm, pour un poids d’environ 20 à 30 kg. La race existe en deux variétés de poil, l’une à poil ras et lisse, l’autre à poil dur et rêche, cette dernière arborant souvent une petite barbe. Dans les deux cas, l’absence de sous-poil rend les mues très légères.
Le Galgo est un chien d’une grande douceur. Calme, silencieux et discret, il n’aboie que très peu et se montre presque contemplatif à la maison, où il apprécie le repos et la tranquillité. Très attaché à sa famille, il est affectueux sans être envahissant, et particulièrement sensible, réagissant au moindre changement de ton de la voix.
Comme beaucoup de lévriers, il présente un double tempérament : posé et réservé en intérieur, il devient explosif et incroyablement rapide dès qu’il court, guidé par un instinct de chasse toujours présent. Un galgo lancé après une proie oublie tout le reste. Cette sensibilité et cette réserve peuvent aussi se traduire par une certaine timidité, surtout chez les chiens ayant connu un passé difficile.
On ne peut pas parler du Galgo sans évoquer le sort tragique réservé à des dizaines de milliers d’entre eux chaque année en Espagne. Utilisés pour la chasse au lièvre, beaucoup sont abandonnés, maltraités ou tués à la fin de la saison, lorsqu’ils ne sont plus jugés utiles. Cette réalité a mobilisé de nombreuses associations qui sauvent ces chiens et les proposent à l’adoption, en Espagne comme en France.
Adopter un galgo sauvé est une démarche magnifique, mais qui demande de la patience : certains arrivent marqués par la maltraitance et ont besoin de temps pour retrouver confiance. La plupart s’adaptent toutefois remarquablement vite à leur nouvelle vie et se révèlent d’une reconnaissance et d’une douceur touchantes. C’est souvent par ce biais associatif, plutôt que par un élevage, que l’on accueille un galgo.
Intelligent et désireux de bien faire, le Galgo apprend vite lorsqu’il est éduqué avec douceur et cohérence. Sa grande sensibilité impose de bannir toute forme de brutalité : une main de velours, de la patience et le respect de son rythme donnent les meilleurs résultats, en particulier avec un chien issu de sauvetage.
Le rappel reste le principal défi, en raison de son instinct de poursuite : il faut le travailler avec constance et rester prudent en espace ouvert. Une socialisation progressive l’aide à prendre confiance et à gérer sa réserve naturelle envers l’inconnu.
Le Galgo est un chien robuste, issu d’une race ancienne peu sujette aux tares génétiques, avec une espérance de vie de 12 à 14 ans. Sa santé est globalement solide, mais quelques points de vigilance existent, communs aux lévriers et à sa morphologie.
Son thorax profond l’expose au risque de torsion gastrique, ce qui impose de fractionner les repas et d’éviter l’effort autour de ceux-ci. Comme tous les lévriers, il présente une sensibilité aux anesthésiques, et sa peau fine le rend fragile aux blessures et au froid. Point important pour les chiens importés d’Espagne : ils peuvent être porteurs de maladies parasitaires comme la leishmaniose, l’ehrlichiose ou la filariose, qu’il convient de dépister à l’arrivée.
Le Galgo a besoin d’une alimentation de qualité, riche en protéines et adaptée à son niveau d’activité. Des croquettes premium pour chiens actifs de taille moyenne à grande, ou une ration ménagère équilibrée, lui conviennent parfaitement. Sa silhouette naturellement fine, avec des côtes légèrement visibles, est normale pour la race.
Pour limiter le risque de torsion de l’estomac, la ration est à diviser en deux repas quotidiens, servis au calme, en évitant que le chien ne mange trop vite ou ne coure juste après. Chez les galgos sauvés, souvent dénutris à leur arrivée, une reprise de poids progressive et encadrée est recommandée.
L’entretien du Galgo est très simple. La variété à poil ras ne demande qu’un coup de gant ou un brossage hebdomadaire, et l’absence de sous-poil rend les mues quasi inexistantes. La variété à poil dur réclame un brossage un peu plus régulier, mais reste facile à entretenir. Aucun toilettage professionnel n’est nécessaire.
Sa peau fine et sa sensibilité au froid justifient un manteau pour les sorties hivernales. Les bains restent occasionnels, et il convient de surveiller régulièrement les oreilles, les dents et les griffes.
Grâce à son calme et à sa discrétion, le Galgo s’adapte très bien à la vie en appartement : silencieux, propre et posé, il y est un colocataire remarquablement agréable. La condition indispensable reste de lui offrir des sorties quotidiennes et, régulièrement, la possibilité de courir en sécurité dans un espace clôturé, même si ses besoins d’exercice sont plus modérés qu’on ne l’imagine.
Doux, tolérant et affectueux, il fait un excellent compagnon de famille et convient particulièrement aux personnes calmes, y compris les personnes âgées, séduites par sa sérénité. Sa sensibilité invite à la douceur avec les enfants, et son instinct de chasse à la prudence avec les petits animaux. Pour un maître patient et attentionné, le Galgo est un chien d’une rare noblesse de cœur.
Le prix d’un chiot Galgo issu d’un élevage se situe généralement entre 650 et 1 200 euros. La race étant rare en élevage en France, la majorité des galgos sont toutefois accueillis par le biais d’associations de sauvetage, moyennant des frais d’adoption bien inférieurs, souvent de quelques centaines d’euros, couvrant les soins vétérinaires.
Au quotidien, le budget d’entretien reste modéré, autour de 60 à 100 euros par mois, alimentation et soins courants compris. Pour un chien importé d’Espagne, il faut prévoir un bilan vétérinaire complet à l’arrivée, et une assurance santé reste conseillée.
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