Il vous regarde avec ses grands yeux ronds, légèrement humides, et c’est terminé. Le Cavalier King Charles Spaniel est probablement le chien qui a le mieux compris comment exploiter le regard pour obtenir tout ce qu’il veut, et il y excelle depuis quatre siècles. Derrière cette bouille irrésistible se cache un petit épagneul au tempérament remarquablement équilibré, capable de passer d’une course effrénée dans le jardin à une sieste sur vos genoux en moins de trente secondes.
Souvent appelé simplement « Cavalier » ou « CKC » par les initiés, ce chien de compagnie figure régulièrement parmi les races les plus populaires en France. Cette popularité est méritée : peu de races combinent autant de qualités dans un format aussi compact. Mais elle a aussi son revers : un marché de l’élevage où le pire côtoie le meilleur, et des problèmes de santé héréditaires qu’il est impératif de connaître avant de craquer.
Ne confondez pas le Cavalier King Charles Spaniel avec le King Charles Spaniel, aussi appelé English Toy Spaniel. Ce sont deux races distinctes. Le King Charles a le museau beaucoup plus aplati, un crâne bombé et une taille plus réduite. Le Cavalier a été re-développé dans les années 1920 précisément pour retrouver un museau plus long et une morphologie plus saine que son cousin à face plate. Si les deux partagent les mêmes couleurs de robe et une histoire commune, leur morphologie, leur santé et même leur tempérament diffèrent sensiblement.
L’histoire du Cavalier King Charles Spaniel commence bien avant sa reconnaissance officielle. Dès le XVIe siècle, de petits épagneuls nains apparaissent dans les cours européennes, représentés sur les tableaux de Titien, Van Dyck et Gainsborough. Ces chiens de salon étaient les compagnons privilégiés de la noblesse, réchauffant les genoux des dames, chassant les puces (on le croyait sérieusement à l’époque), et servant accessoirement de bouillotte vivante dans les lits glacials des châteaux.
C’est sous le règne de Charles II d’Angleterre, au XVIIe siècle, que ces petits épagneuls atteignent leur apogée. Le roi était si passionné qu’il aurait, dit-on, décrété qu’aucun lieu public ne pouvait leur être interdit, pas même le Parlement. Samuel Pepys nota dans son journal que la cour était littéralement envahie de petits épagneuls et que le roi s’en occupait davantage que des affaires du royaume. Une anecdote tristement célèbre relate que Marie Stuart garda auprès d’elle son petit épagneul noir et blanc jusqu’à son exécution en 1587. Le chien mourut deux jours plus tard de tristesse.
Au XVIIIe et XIXe siècle, la mode victorienne des chiens à face plate transforma progressivement ces épagneuls. Les croisements avec des Carlins et des Épagneuls Japonais sélectionnèrent un museau de plus en plus court, un crâne bombé. Le résultat devint le King Charles Spaniel actuel, charmant mais brachycéphale et fragile.
En 1926, l’Américain Roswell Eldridge offrit un prix de 25 livres sterling à l’exposition de Crufts pour le meilleur épagneul « de l’ancien type », avec un museau allongé et un crâne plat, tel qu’on les voyait sur les tableaux de l’époque de Charles II. Les éleveurs furent d’abord scandalisés, mais certains relevèrent le défi. En 1928, le premier club de race fut fondé et un standard établi d’après un chien nommé « Ann’s Son ». La Seconde Guerre mondiale faillit tout détruire : la population reproductrice devint dangereusement faible, avec seulement 60 Cavaliers enregistrés entre 1940 et 1945. Tous les Cavaliers actuels descendent de cette poignée de survivants. Un détail génétique qui n’est pas anodin pour comprendre les problèmes de santé de la race.
Le Kennel Club reconnut la race en 1945, la FCI en 1955 sous le numéro 136. En France, la race est classée dans le groupe 9, section 7 (épagneuls anglais d’agrément). Le Cavalier King Charles Spaniel Club de race gère le standard et les inscriptions au LOF. Aujourd’hui, c’est l’une des races de compagnie les plus demandées, aussi bien en France qu’au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Le Cavalier King Charles Spaniel est un petit épagneul bien proportionné, actif et gracieux. Le corps est légèrement plus long que haut, avec un dos droit et une poitrine modérément développée. La tête est l’élément le plus expressif : crâne presque plat entre les oreilles, stop peu marqué, museau conique d’une longueur correcte, ni aplati comme le King Charles, ni allongé comme un Cocker.
Les yeux sont grands, ronds, brun foncé, avec cette expression douce et légèrement mélancolique qui fait la signature de la race. Un Cavalier qui vous fixe avec ses yeux humides est un Cavalier qui négocie. Les oreilles, longues et attachées haut, retombent gracieusement de chaque côté de la tête, richement frangées. La queue est portée joyeusement en mouvement, jamais très au-dessus du niveau du dos. En France, elle n’est plus amputée depuis 2004.
Le standard FCI précise que le chien doit être sûr de lui, n’est pas agressif et arbore une expression douce. Ce n’est pas un détail cosmétique : un Cavalier nerveux, craintif ou agressif est un chien qui ne correspond pas au standard, et qui révèle souvent un problème d’élevage ou de socialisation.
Le pelage est long, soyeux, sans boucles excessives, avec de belles franges sur les oreilles, le poitrail, les pattes et la queue. Une légère ondulation est tolérée, mais un poil frisé est un défaut selon le standard. Il ne possède pas de sous-poil dense, ce qui le rend sensible au froid mais réduit aussi la quantité de poils perdus dans l’environnement comparé à un Labrador ou un Berger Allemand.
Quatre couleurs sont officiellement reconnues, chacune avec son nom historique :
Le standard FCI fixe le poids entre 5,4 et 8 kg, sans préciser de fourchette de taille exacte, fait assez inhabituel. En pratique, les Cavaliers mesurent entre 30 et 33 cm au garrot. C’est un chien compact mais pas fragile, nettement plus robuste qu’un Yorkshire ou qu’un Chihuahua, et sensiblement plus grand et plus lourd que le King Charles Spaniel.
Les individus proposés comme « mini » ou « toy » en dessous du poids standard n’existent pas officiellement. Comme pour le Yorkshire, ces appellations marketing dissimulent souvent des chiens sous-développés, issus de sélections douteuses, avec une fragilité accrue. Un Cavalier adulte de 4 kg n’est pas un « mini » : c’est un chien qui a probablement un problème.
Le Cavalier King Charles Spaniel est le chien de compagnie par excellence, et il ne fait pas semblant. Son tempérament est remarquablement équilibré : doux sans être passif, joueur sans être surexcité, affectueux sans être envahissant (quoique ce dernier point soit discutable selon les jours). Ce chien a une capacité impressionnante à s’adapter à l’énergie de son environnement : actif avec un maître sportif, calme avec une personne âgée, patient avec des enfants turbulents.
Il est naturellement sociable, avec les humains, les autres chiens, les chats et même les inconnus. Ne comptez pas sur lui pour monter la garde : le Cavalier accueille un cambrioleur avec le même enthousiasme qu’un membre de la famille. Ce n’est pas un défaut, c’est sa nature. Il aboie peu, ne manifeste aucune agressivité territoriale et préfère la diplomatie au conflit. Par rapport au Beagle, plus vocal et indépendant, ou au Bichon Frisé, plus vif et parfois aboyeur, le Cavalier offre un niveau de sérénité domestique difficile à égaler.
Son principal point faible comportemental est l’anxiété de séparation. Le Cavalier est un chien qui a besoin de présence humaine, pas juste d’un jardin et d’une gamelle. Laissé seul régulièrement pendant de longues heures, il peut développer des comportements destructeurs, des aboiements incessants, voire des troubles digestifs liés au stress. Combien de temps peut-il rester seul ? En pratique, 4 à 5 heures est un maximum raisonnable pour un adulte bien habitué. Au-delà, c’est un risque. C’est un point à évaluer sérieusement avant l’adoption, surtout pour les personnes qui travaillent toute la journée.
Avec sa famille, le Cavalier est d’une loyauté tranquille et d’une affection démonstrative. Il suit ses maîtres de pièce en pièce, cherche le contact physique, et s’installe volontiers sur les genoux dès qu’une occasion se présente. Cette proximité permanente est l’une de ses qualités les plus appréciées, à condition de ne pas en faire un chien surprotégé qui ne supporte plus la moindre distance.
Contrairement au Teckel ou au Yorkshire, qui choisissent souvent « leur humain » et ignorent le reste du foyer, le Cavalier distribue son affection de manière assez équitable. Il s’adapte aussi bien à une personne seule qu’à une famille nombreuse, aux personnes âgées qu’aux adolescents. C’est d’ailleurs l’une des rares races recommandées sans réserve pour les primo-adoptants : son caractère facile et son absence de têtuterie marquée en font un excellent premier chien.
Le Cavalier King Charles Spaniel est l’un des meilleurs choix pour une famille avec enfants, tous âges confondus. Sa patience, sa douceur naturelle et son absence totale d’agressivité en font un compagnon fiable. Il supporte les manipulations maladroites des plus petits bien mieux que la plupart des races de taille comparable, ce qui ne dispense pas de superviser les interactions, évidemment.
Sa taille modeste le rend cependant vulnérable aux chutes et aux jeux trop brusques. Apprenez aux enfants à ne pas le porter n’importe comment et à respecter ses moments de repos. Un Cavalier fatigué qui grogne n’est pas méchant, il communique. L’erreur que l’on observe souvent chez les familles est de laisser les enfants traiter le chien comme une peluche interactive disponible 24 heures sur 24. Même le Cavalier le plus patient a besoin d’un espace à lui.
Excellente dans la grande majorité des cas. Le Cavalier cohabite volontiers avec d’autres chiens, avec les chats, et même avec des animaux plus petits. Son instinct de chasseur, hérité de ses ancêtres épagneuls, peut occasionnellement se manifester face à un oiseau ou un petit rongeur en liberté, mais c’est rarement un problème majeur en intérieur. La socialisation précoce facilite tout, mais même un Cavalier adulte non socialisé s’adapte généralement bien à de nouveaux compagnons.
Le Cavalier King Charles Spaniel est un chien facile à éduquer, probablement l’un des plus faciles parmi les races de compagnie. Son désir de plaire, son intelligence et son absence de têtuterie marquée en font un élève agréable, y compris pour un propriétaire débutant. Il comprend vite, retient bien et cherche activement à satisfaire son maître, ce qui le distingue nettement du Teckel négociateur ou du Shiba Inu souverainement indifférent aux consignes qui ne l’arrangent pas.
La propreté s’acquiert généralement entre 3 et 5 mois, sans difficulté particulière si les sorties sont fréquentes et la récompense systématique. Le rappel est bon pour un chien de compagnie, bien qu’une odeur très intéressante puisse occasionnellement le distraire. Le sang d’épagneul parle.
Le renforcement positif fonctionne parfaitement avec cette race. Les friandises sont un levier efficace. Le Cavalier est gourmand, ce qui est à la fois un avantage éducatif et un risque pondéral qu’il faut anticiper dès le départ. Le jeu et les félicitations vocales complètent bien le dispositif. Les séances courtes (10 à 15 minutes) et variées donnent les meilleurs résultats.
La socialisation précoce est importante, non pas parce que le Cavalier est naturellement craintif, mais parce qu’elle renforce sa confiance et prévient l’anxiété de séparation qui guette cette race. Exposez le chiot à des situations variées (bruits urbains, environnements inconnus, personnes de tous âges, autres animaux) dès les premières semaines à la maison. Une école du chiot est un excellent investissement.
L’apprentissage de la solitude mérite une attention particulière. Commencez très tôt par des absences courtes (5 minutes, puis 15, puis 30), sans ritualiser les départs ni dramatiser les retours. Un Cavalier qui n’a jamais appris à rester seul avant ses 6 mois développera une anxiété de séparation résistante à toute tentative de correction ultérieure.
La première erreur est de confondre douceur et absence de cadre. Le Cavalier est si agréable et si peu conflictuel qu’on oublie facilement de lui poser des limites. Résultat quelques mois plus tard : un chien qui quémande à table en continu, saute sur tous les invités et monopolise le canapé en grognant quand on tente de le déplacer. Le fait qu’il soit mignon ne rend pas ces comportements acceptables, et un chien sans cadre est un chien moins heureux qu’il ne devrait l’être.
La seconde erreur est de céder systématiquement à son regard. Ce chien a perfectionné l’art de la manipulation par les yeux depuis le XVIe siècle. Quatre siècles de sélection pour attendrir les rois, les reines et les duchesses. Vous n’avez aucune chance si vous n’êtes pas prévenu. Un « non » ferme mais doux suffit, pas besoin de hausser le ton. Le Cavalier est sensible : une voix sèche ou un geste brusque peuvent le déstabiliser et créer de la méfiance.
Ce que beaucoup de gens sous-estiment aussi avant l’adoption, c’est le coût lié à la santé de cette race. L’éducation est facile, le caractère est idéal, mais le budget vétérinaire peut être conséquent. On y revient dans la section suivante.
L’espérance de vie du Cavalier King Charles Spaniel se situe entre 9 et 14 ans, avec une moyenne autour de 10 à 12 ans. C’est une longévité correcte mais inférieure à celle de certaines races de taille comparable comme le Bichon (14-16 ans) ou le Yorkshire (13-16 ans). La raison principale est bien documentée : des prédispositions génétiques sérieuses, conséquence directe d’un pool génétique extrêmement réduit après la Seconde Guerre mondiale. Tous les Cavaliers actuels descendent de quelques dizaines d’individus, et cette consanguinité fondatrice a concentré des gènes délétères dans la population.
C’est le chapitre le plus important de cette fiche, et malheureusement le plus préoccupant. La Norvège a d’ailleurs interdit l’élevage des Cavaliers King Charles en raison de la prévalence de ces maladies héréditaires, un signal qui devrait interpeller tout futur propriétaire.
Un suivi vétérinaire rigoureux est non négociable avec cette race. Auscultation cardiaque à chaque visite (au minimum annuelle, idéalement semestrielle à partir de 5 ans), échographie cardiaque régulière, bilan sanguin à partir de 7 ans, surveillance des articulations et des yeux. Le budget vétérinaire d’un Cavalier est significativement plus élevé que la moyenne des races de même gabarit.
Une assurance santé est fortement recommandée, voire indispensable. Les frais liés à une MVD avancée (échocardiographies répétées, traitements cardiaques à vie, hospitalisations) ou une syringomyélie (IRM, traitements antidouleur, éventuelle chirurgie) peuvent dépasser plusieurs milliers d’euros. Souscrivez avant le premier anniversaire du chien et avant toute pathologie déclarée, car les assureurs excluent souvent les maladies préexistantes.
Le choix de l’éleveur est le premier acte de prévention. Exigez les résultats des échographies cardiaques récentes des deux parents (pas une seule fois à 2 ans, mais un suivi dans le temps), les résultats IRM pour la syringomyélie, et le test ADN EFS. Un éleveur qui refuse de fournir ces résultats, ou qui prétend que « ses lignées n’ont pas ces problèmes », ne mérite pas votre confiance ni votre argent.
Le Cavalier King Charles Spaniel a tendance à l’embonpoint. C’est un gourmand dans l’âme, et il sait exactement comment obtenir une friandise de plus. Or, le surpoids aggrave directement les problèmes cardiaques auxquels il est prédisposé. Chaque gramme excédentaire est un gramme de trop pour un coeur déjà fragilisé. Maintenir un poids optimal n’est donc pas un détail cosmétique mais une priorité médicale.
Ses besoins caloriques sont modérés, adaptés à un chien de petit format à activité moyenne. Les protéines de qualité, les oméga-3 (bénéfiques pour la santé cardiaque et l’éclat du pelage soyeux), un profil lipidique maîtrisé et une bonne digestibilité constituent les bases d’une alimentation adaptée. La santé dentaire mérite aussi attention : la petite taille des mâchoires favorise l’accumulation de tartre.
Des croquettes premium adaptées aux petites races, avec une source de protéines animales identifiée en premier ingrédient. Certaines marques proposent des formulations spécifiques pour le Cavalier King Charles, avec un profil nutritionnel adapté aux besoins cardiaques et une forme de croquette conçue pour la mâchoire de la race. Royal Canin en propose une, Orijen et Acana Small Breed sont aussi des choix solides. L’alimentation ménagère ou le BARF fonctionnent aussi, mais nécessitent un encadrement vétérinaire pour éviter les carences, surtout en taurine, un acide aminé important pour la fonction cardiaque.
Pour un adulte de 6 à 7 kg, comptez entre 80 et 130 g de croquettes par jour selon la densité énergétique du produit et le niveau d’activité. Deux repas quotidiens sont préférables à un seul, cela réduit les risques de troubles digestifs et régule mieux la glycémie. Les friandises d’éducation doivent être comptabilisées dans la ration journalière : c’est un détail que beaucoup de propriétaires de Cavaliers oublient, et la balance le rappelle rapidement.
L’erreur que l’on regrette le plus souvent en matière d’alimentation, c’est de céder aux yeux implorants pendant les repas humains. Un Cavalier qui a appris qu’il suffit de fixer son maître avec suffisamment d’intensité pour obtenir un morceau de fromage est un Cavalier qui ne s’arrêtera jamais. Fixez la règle dès le premier jour : pas de nourriture humaine à table.
Le pelage soyeux du Cavalier nécessite un entretien régulier mais raisonnable, nettement moins contraignant qu’un Caniche ou un Yorkshire. Un brossage deux à trois fois par semaine avec une brosse en soie ou en sanglier et un peigne à dents larges suffit en dehors des périodes de mue. Oubliez la carde (brosse métallique à dents recourbées) qui arrache les poils et abîme la texture soyeuse. Pendant les mues (printemps et automne), un brossage quotidien est recommandé pour éviter les noeuds, surtout derrière les oreilles, sous les aisselles et au niveau des franges.
Le poil ne se coupe pas selon le standard : les franges des oreilles, des pattes et de la queue doivent rester naturelles. En pratique, beaucoup de propriétaires font néanmoins raccourcir légèrement les franges pour un entretien plus facile au quotidien, surtout les poils entre les coussinets qui accumulent boue et débris. Un toiletteur professionnel familier de la race saura faire une coupe de confort sans dénaturer la silhouette.
Les oreilles sont le point d’attention numéro un. Longues, tombantes et richement frangées, elles créent un environnement chaud et humide parfait pour les bactéries et les levures. Un nettoyage hebdomadaire avec un produit auriculaire adapté est la base, complété par une inspection visuelle régulière. Une odeur persistante, des sécrétions abondantes ou un chien qui se gratte l’oreille justifient une consultation vétérinaire rapide.
Les yeux, grands et légèrement proéminents, sont sensibles aux irritations et aux larmoiements. Un nettoyage quotidien avec une compresse et un produit ophtalmologique doux prévient les taches de larmes et les infections. Le brossage des dents, deux à trois fois par semaine minimum, est important : les petites races accumulent davantage de tartre et développent plus précocement des maladies parodontales. Un détartrage vétérinaire annuel ou bisannuel est souvent nécessaire.
Un bain toutes les 6 semaines environ, avec un shampoing doux au pouvoir hydratant adapté à cette race sensible aux allergies cutanées. Séchez bien le chien après le bain, car le Cavalier est sensible au froid et à l’humidité. Le toilettage professionnel n’est pas indispensable si vous entretenez régulièrement le pelage vous-même, mais une visite tous les 2 à 3 mois pour un bain, un brossage approfondi et une coupe des griffes est un bon compromis. Budget toilettage annuel : modeste comparé à des races comme le Caniche ou le Bichon, comptez 200 à 400 euros si vous passez par un professionnel.
Le Cavalier King Charles Spaniel s’adapte parfaitement à la vie en appartement, même de petite surface. Sa taille, son niveau d’énergie modéré, sa discrétion sonore et son absence de comportement destructif en font un locataire idéal. Les forums et les réseaux sociaux regorgent de témoignages d’étudiants et de jeunes actifs qui vivent très bien avec leur Cavalier dans 30 ou 40 m2. Un jardin est un plus, mais certainement pas une nécessité, à condition que les sorties quotidiennes soient assurées.
Ce qui compte vraiment, bien plus que la superficie du logement, c’est la présence humaine. Un Cavalier dans un grand jardin mais seul toute la journée sera infiniment plus malheureux qu’un Cavalier en studio avec un maître présent et attentif. C’est un point déterminant dans le choix de cette race : si votre emploi du temps implique 8 à 10 heures d’absence quotidienne sans solution de garde, le Cavalier n’est probablement pas fait pour votre situation, aussi parfait soit-il par ailleurs.
Le Cavalier est plus sportif qu’on ne l’imagine en le voyant rouler en boule sur le canapé. Il apprécie les promenades de 30 à 45 minutes, les jeux de balle, et peut même pratiquer l’agility adaptée à sa taille avec un enthousiasme surprenant. Deux sorties par jour constituent un minimum raisonnable, dont au moins une avec possibilité d’explorer librement : renifler, trottiner, socialiser.
Attention toutefois : le Cavalier fait partie des races légèrement brachycéphales. Son museau, bien que plus long que celui du King Charles, reste modérément court. Évitez les efforts intenses par temps chaud et humide, les courses prolongées et les situations de surchauffe. Ce n’est pas un partenaire de jogging ou de vélo. Des promenades à rythme modéré, ponctuées de jeux et d’exploration, correspondent parfaitement à ses besoins.
Sensible au froid en raison de l’absence de sous-poil dense. Un manteau est recommandé en dessous de 5°C pour les promenades longues, et ce n’est pas un caprice de propriétaire surprotecteur mais une réalité physiologique. La chaleur est un ennemi plus sérieux encore : les caractéristiques brachycéphales, même modérées, limitent la capacité de thermorégulation du Cavalier. En été, promenades aux heures fraîches (avant 9h, après 19h), eau en permanence, tapis rafraîchissant à la maison, et jamais, jamais dans un véhicule fermé au soleil.
Un chiot Cavalier King Charles Spaniel inscrit au LOF, issu d’un élevage sérieux avec tests cardiaques, IRM et test ADN EFS des parents, coûte entre 1 200 et 2 500 euros selon la lignée, la couleur (les Blenheim avec tache sont généralement les plus chers), le sexe (les femelles sont souvent plus demandées) et la réputation de l’élevage. Le prix moyen constaté tourne autour de 1 500 à 1 600 euros.
Un chiot sans pedigree, chez un particulier, se trouve entre 500 et 1 000 euros. Ce prix inférieur est un faux calcul : l’absence de tests de santé des reproducteurs expose l’acheteur à des problèmes cardiaques précoces dont le coût vétérinaire dépasse très largement l’économie réalisée à l’achat. Un Cavalier dont la MVD se déclare à 3 ans au lieu de 8 coûtera des milliers d’euros supplémentaires en soins, sans parler de la souffrance du chien et du propriétaire.
Total mensuel réaliste : entre 105 et 215 euros. C’est dans la moyenne des races de compagnie, mais le poste vétérinaire est potentiellement plus élevé que pour un chien sans prédispositions héréditaires lourdes.
Sur 11 ans de vie moyenne, le coût total hors prix d’achat se situe entre 14 000 et 28 000 euros. Les pathologies cardiaques, si elles surviennent précocement ou sévèrement, peuvent ajouter 3 000 à 8 000 euros en examens, traitements et suivis spécialisés. Une chirurgie pour luxation de rotule coûte entre 1 500 et 3 000 euros. L’assurance santé souscrite jeune et avant toute pathologie déclarée prend tout son sens dans ce contexte.
Ce que beaucoup de gens sous-estiment avant d’adopter un Cavalier : le budget annuel d’entretien global, que plusieurs sources évaluent entre 800 et 1 000 euros au minimum. Ce chiffre peut doubler ou tripler si des problèmes cardiaques se déclarent. Anticiper ces dépenses dès l’achat est un acte de responsabilité, pas de pessimisme.
Le choix de l’éleveur est plus critique pour cette race que pour beaucoup d’autres, en raison de la prévalence des maladies héréditaires. Un éleveur sérieux de Cavalier King Charles Spaniel remplit tous ces critères sans exception :
Le Cavalier King Charles Spaniel Club de race en France tient une liste d’éleveurs recommandés. C’est un bon point de départ. Méfiez-vous des éleveurs qui ont « toujours des chiots disponibles » : les bons élevages ont des listes d’attente de 3 à 6 mois.
Le Cavalier en refuge est moins rare qu’on ne le pense. Des associations spécialisées accueillent régulièrement des adultes abandonnés, souvent pour des raisons financières liées aux frais vétérinaires, ce qui en dit long sur l’importance d’anticiper ce poste avant l’adoption. La SPA propose aussi parfois des Cavaliers. Adopter un adulte permet de connaître l’état de santé réel du chien, notamment son statut cardiaque. Le coût d’adoption se situe entre 200 et 400 euros, incluant généralement vaccination, identification et stérilisation.
| Critère | Détail |
|---|---|
| Groupe FCI | Groupe 9 : Chiens d’agrément, section 7, n°136 |
| Origine | Angleterre, XVIe siècle (re-développé années 1920) |
| Taille | 30 à 33 cm au garrot |
| Poids adulte | 5,4 à 8 kg |
| Espérance de vie | 9 à 14 ans (moyenne 10-12 ans) |
| Poil | Long, soyeux, sans boucles, avec franges |
| Couleurs reconnues | Blenheim, Tricolore, Noir et feu, Ruby |
| Entretien du pelage | Modéré, brossage 2-3 fois par semaine |
| Caractère | Doux, affectueux, joueur, sociable, équilibré |
| Aptitude à vivre en appartement | Excellente |
| Niveau d’exercice | Modéré, 30 à 45 minutes par jour |
| Facilité d’éducation | Élevée, intelligent et désireux de plaire |
| Avec les enfants | Excellent, patient et doux, tous âges |
| Avec les autres animaux | Très bonne entente, socialisation facile |
| Maladies fréquentes | Endocardiose mitrale (MVD), syringomyélie, PSOM, EFS, luxation de rotule |
| Prix chiot LOF | 1 200 à 2 500 euros (moyenne 1 500-1 600 euros) |
| Budget mensuel moyen | 105 à 215 euros |
| Pour qui ? | Familles, personnes seules, seniors actifs, primo-adoptants ; présence à la maison indispensable |
| Pas pour qui ? | Personnes absentes toute la journée ; budget limité face aux risques de santé ; sportifs cherchant un partenaire de course |