Le Barzoï, ou lévrier russe, est l’un des chiens les plus majestueux qui soient. Son nom vient du russe borzaïa, qui signifie rapide, et résume à lui seul sa vocation : ce grand lévrier de chasse à vue était le compagnon de la noblesse russe, lancé en meute contre le loup, le renard et le lièvre dans les immenses plaines de l’Empire. La FCI le classe au groupe 10, celui des lévriers, sous le standard numéro 193.
C’est un chien de très grande taille à la silhouette longiligne et au port aristocratique. Les mâles mesurent de 75 à 85 cm au garrot, les femelles de 68 à 78 cm, pour un poids allant d’environ 25 kg chez les femelles à 48 kg chez les grands mâles. Sa robe, longue, ondulée et soyeuse, se décline dans de nombreuses couleurs et participe à son allure de prince des steppes.
Le Barzoï possède deux visages. À la maison, c’est un chien d’un calme princier, doux, silencieux et distingué, qui apprécie le repos et une atmosphère tranquille. Attaché à ses maîtres, parfois de manière presque exclusive, il reste réservé, voire distant, avec les inconnus, sans agressivité.
Mais dès qu’un gibier apparaît, le chasseur se réveille : il s’élance avec une fougue et une vitesse spectaculaires, sourd à tout rappel. Cet instinct de poursuite très développé ne disparaît jamais. Sensible et indépendant, parfois têtu, le Barzoï est un chien fin qui ressent les émotions de son foyer et ne supporte ni la solitude prolongée ni la brutalité.
L’éducation du Barzoï demande de l’expérience, et la race est déconseillée à un premier maître. Indépendant et sensible, il se braque face à la contrainte ou aux méthodes dures. Il faut donc allier fermeté et douceur, sans jamais chercher à le casser, en s’appuyant sur la cohérence, la patience et le respect mutuel.
Le rappel constitue le grand défi de la race : lancé après une proie, un Barzoï n’entend plus rien. Il faut le travailler tôt, rester prudent en espace ouvert et prévoir des zones clôturées pour ses courses. Une socialisation précoce l’aide à gérer sa réserve naturelle envers les étrangers.
Le Barzoï est un chien globalement robuste et rustique, dont l’espérance de vie se situe entre 10 et 13 ans. Sa santé reste cependant marquée par les risques propres aux grands lévriers, qu’il faut connaître et prévenir.
Le risque principal est la torsion de l’estomac, ou dilatation-torsion gastrique, favorisée par son thorax profond et potentiellement mortelle : elle impose de fractionner les repas et d’éviter l’effort autour de ceux-ci. La race présente aussi des prédispositions aux maladies cardiaques et à l’atrophie rétinienne progressive, une affection oculaire héréditaire. Comme tous les lévriers, il est enfin sensible aux anesthésiques, ce que le vétérinaire doit prendre en compte.
Grand chien sportif, le Barzoï a besoin d’une alimentation de qualité, riche en protéines animales, pour soutenir sa masse musculaire sans le surcharger. Il n’est pas forcément un gros mangeur et sa ration doit être ajustée à son âge et à son niveau d’activité réel.
Compte tenu du risque de torsion gastrique, la ration quotidienne est impérativement à diviser en deux repas, servis au calme, sans effort juste avant ni après. Chez le chiot, une croissance lente et maîtrisée, adaptée aux grandes races, est essentielle pour son développement.
Contrairement à ce que son long pelage laisse imaginer, l’entretien du Barzoï reste modéré. Son poil soyeux et ondulé s’emmêle peu et se révèle presque autonettoyant : un brossage d’une à deux fois par semaine, avec une brosse souple et un peigne pour les franges, suffit à le maintenir en bon état.
Les bains peuvent être espacés, tous les deux à trois mois ou en cas de besoin, avec un shampoing doux. Une attention régulière aux oreilles, aux pattes et aux griffes complète ces soins simples. Le toilettage n’est donc pas le point contraignant de la race, à la différence d’autres lévriers à poil long.
Calme et discret à l’intérieur, le Barzoï peut s’adapter à la vie en appartement s’il est spacieux et à condition de bénéficier de vraies sorties où il peut courir, mais il s’épanouit pleinement dans une maison dotée d’un grand terrain clôturé. Il déteste la solitude prolongée et a besoin de la présence des siens.
Doux et posé, il fait un bon compagnon de famille pour des maîtres calmes, mais sa sensibilité et sa taille invitent à la prudence avec de très jeunes enfants, et son instinct de chasse impose la vigilance avec les petits animaux. Pour qui sait respecter sa nature, il offre une présence élégante, attachante et d’une grande noblesse.
Le prix d’un chiot Barzoï inscrit au LOF se situe généralement entre 850 et 1 300 euros, avec des variations selon la lignée et l’élevage. C’est une race relativement confidentielle en France, qu’il vaut mieux acquérir auprès d’un éleveur sérieux et attentif à la santé de ses reproducteurs.
Au quotidien, le budget d’un Barzoï reste raisonnable pour un chien de ce gabarit, autour de 90 à 140 euros par mois, alimentation et soins courants compris. Une assurance santé est recommandée, en particulier pour couvrir le risque de torsion gastrique et les frais chirurgicaux qui peuvent en découler.
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