Aucune race de chien n’est totalement épargnée par la maladie, et l’allongement de l’espérance de vie canine (12 à 14 ans en moyenne aujourd’hui contre 9 ans il y a trente ans) a fait apparaître des pathologies chroniques autrefois rares. Entre les infections virales prévenues par le vaccin, les parasites externes vecteurs de maladies graves, les troubles digestifs courants, les affections articulaires des grandes races et les maladies métaboliques du chien vieillissant, chaque propriétaire gagne à connaître les principales pathologies qui peuvent toucher son compagnon.
Ce guide complet passe en revue les maladies les plus fréquentes chez le chien en France en 2026, leurs symptômes, les traitements disponibles et surtout les mesures de prévention qui permettent dans bien des cas d’éviter le pire. L’objectif n’est pas de remplacer une consultation vétérinaire mais de vous donner les repères pour reconnaître les signaux d’alerte et adapter le suivi de votre chien à chaque étape de sa vie.
La vaccination reste la première ligne de défense contre les maladies les plus graves du chien. Six infections, virales et bactériennes, potentiellement mortelles, bénéficient d’un vaccin efficace inclus dans le protocole standard du chiot. Un calendrier vaccinal bien suivi couvre l’essentiel de ces risques et constitue le socle minimal de prévention.
La parvovirose est l’une des maladies virales les plus redoutées chez le chiot. Extrêmement contagieuse et résistante dans l’environnement (le virus survit jusqu’à un an dans le sol), elle provoque des vomissements violents, une diarrhée hémorragique caractéristique (selles rouges-noirâtres à l’odeur fétide), une déshydratation rapide et un effondrement général. Sans hospitalisation intensive en urgence (perfusion, antiémétiques, antibiotiques), elle est fatale dans plus de 50 % des cas chez les chiots de moins de 6 mois non vaccinés.
Le coût d’un traitement complet en clinique vétérinaire dépasse fréquemment 1500 euros. Seule la vaccination offre une protection fiable : primo-vaccination en deux injections entre 8 et 12 semaines, premier rappel à 16 semaines, puis rappels selon le protocole établi par votre vétérinaire (annuel ou triennal selon la spécialité utilisée).
Cette maladie virale très grave, parfois appelée distemper, affecte simultanément les systèmes nerveux, digestif et respiratoire du chien. Elle se manifeste par de la fièvre, des écoulements oculaires et nasaux purulents, une toux, des vomissements, parfois des convulsions et des tics nerveux caractéristiques (myoclonies). Très contagieuse, elle peut laisser des séquelles neurologiques définitives chez les animaux qui survivent : tremblements permanents, convulsions, paralysies partielles.
Le vaccin, administré dès 8 semaines, fait partie du protocole de base et offre une excellente protection. La maladie a quasiment disparu en France grâce à la couverture vaccinale, mais elle réapparaît localement dès que la vaccination de masse baisse, comme l’ont montré plusieurs foyers récents dans des élevages non vaccinés.
Causée par un adénovirus canin (CAV-1), cette maladie touche le foie et peut évoluer rapidement vers une défaillance hépatique mortelle. Elle se transmet par les sécrétions corporelles, notamment l’urine. Les symptômes incluent fièvre, abattement profond, vomissements, douleurs abdominales et parfois un œdème caractéristique de la cornée donnant un œil bleuté (« blue eye »).
Grâce à la vaccination généralisée (souvent combinée à celle contre la parvovirose et la maladie de Carré), elle est devenue rare en France, mais reste une menace pour les chiens non protégés ou provenant de l’étranger. Le vaccin actuel utilise généralement une souche CAV-2 qui protège contre les deux types d’adénovirus tout en limitant les effets secondaires.
Maladie bactérienne zoonotique (transmissible à l’homme), la leptospirose est contractée au contact d’eaux stagnantes ou d’environnements souillés par l’urine de rongeurs (rats notamment). Elle provoque fièvre, abattement, insuffisance rénale et hépatique aiguës, parfois saignements (épistaxis, méléna) et ictère. Le pronostic dépend largement de la rapidité de prise en charge.
Le vaccin protège contre les principales sérovars circulant en France (Canicola, Icterohaemorrhagiae, Grippotyphosa, Australis). Il nécessite un rappel annuel obligatoire car l’immunité ne dure que 12 mois environ. Il est recommandé pour tous les chiens actifs en milieu rural, au contact de points d’eau ou de chasse. Les cas humains de leptospirose suite à morsure de chien existent et restent une raison sérieuse de maintenir cette vaccination à jour.
Aussi appelée trachéo-bronchite infectieuse canine, cette maladie respiratoire extrêmement contagieuse est causée par une combinaison de virus (parainfluenza, adénovirus CAV-2) et de bactéries (Bordetella bronchiseptica). Elle touche les chiens vivant en collectivité : pensions, élevages, cours d’éducation, parcs canins.
Elle se caractérise par une toux sèche et rauque très caractéristique, avec parfois des haut-le-cœur, des écoulements nasaux et un état général conservé chez le chien adulte en bonne santé. La guérison survient en général en deux à trois semaines, mais des complications pulmonaires peuvent apparaître chez le chiot, le senior ou l’immunodéprimé. Un vaccin spécifique (souvent administré par voie intra-nasale) est vivement recommandé avant tout séjour en pension ou tout regroupement collectif.
La France métropolitaine est officiellement indemne de rage canine depuis 2001, mais la vaccination reste obligatoire pour voyager à l’étranger (passeport européen avec rappel à jour), pour les chiens de catégorie 1 et 2 selon la loi française, et fortement conseillée pour tout séjour en pension. Cette maladie virale est mortelle dans 100 % des cas une fois les symptômes déclarés, et représente une zoonose majeure (plus de 50 000 décès humains dans le monde chaque année, principalement en Asie et en Afrique).
Le vaccin antirabique canin offre une protection supérieure à 99 %. Une seule injection est généralement suffisante, avec un rappel triennal selon la spécialité. La législation européenne impose 21 jours de délai après la primo-vaccination avant tout passage de frontière.
Les parasites internes et externes sont une cause très fréquente de pathologies chez le chien. Certains provoquent des troubles directs, d’autres servent de vecteurs à des maladies bactériennes ou à des protozoaires graves. Une prophylaxie régulière, adaptée au mode de vie du chien et à sa zone géographique, est la clé de la prévention.
Les puces sont responsables de démangeaisons intenses, d’allergies cutanées (DAPP, dermite par allergie aux piqûres de puces) et de transmission de vers intestinaux comme le ténia Dipylidium caninum. Une seule piqûre suffit à déclencher une réaction allergique chez un chien sensibilisé.
Les tiques véhiculent plusieurs maladies graves : piroplasmose (la plus fréquente en France), maladie de Lyme, ehrlichiose, anaplasmose. La prévention passe par un traitement antiparasitaire mensuel ou trimestriel adapté (pipettes type Frontline ou Advantix, comprimés isoxazolines comme Bravecto ou NexGard, colliers Seresto) et une inspection systématique du pelage après chaque promenade en milieu à risque (forêts, hautes herbes, bordures de chemins). L’arrachage rapide des tiques fixées (dans les 24 heures) limite considérablement le risque de transmission.
Transmise par la tique Dermacentor reticulatus principalement, la piroplasmose est une infection parasitaire à Babesia canis qui détruit les globules rouges. Les symptômes apparaissent 4 à 14 jours après la morsure : forte fièvre (40 à 42 °C), abattement marqué, perte d’appétit, urines foncées couleur porto ou café (signe très évocateur), parfois ictère (jaunisse).
Sans traitement rapide à base d’imidocarbe, l’animal peut mourir d’une anémie sévère en 48 à 72 heures. Un vaccin existe (Pirodog, Nobivac Piro) mais sa protection reste partielle, autour de 70 %. La meilleure défense reste donc l’antiparasitaire externe à activité acaricide rapide et la surveillance attentive après les balades, particulièrement au printemps et en automne, périodes de pic d’activité des tiques.
La borréliose canine, transmise par la tique Ixodes ricinus, est causée par la bactérie Borrelia burgdorferi. Les symptômes sont retardés (plusieurs semaines à plusieurs mois après la morsure) et souvent peu spécifiques : boiterie intermittente changeant de patte, fièvre récurrente, fatigue, parfois insuffisance rénale dans les formes graves. Un test sérologique permet le diagnostic.
Le traitement repose sur une antibiothérapie longue (3 à 4 semaines de doxycycline). Un vaccin existe pour les zones à forte prévalence (Alsace, Auvergne, certains massifs forestiers). La maladie de Lyme est aussi une zoonose, mais le chien n’en est pas un réservoir direct pour l’homme, qui se contamine via la même tique.
Cette maladie chronique et incurable est transmise par le phlébotome, un moucheron actif au crépuscule, présent surtout dans le sud de la France et le pourtour méditerranéen (Provence, Languedoc, Côte d’Azur, Corse). Elle attaque la peau, les reins et le système immunitaire. L’incubation est longue (de 3 mois à 7 ans !), ce qui complique le diagnostic.
Les symptômes sont variés : lésions cutanées au niveau des oreilles et du chanfrein, dépilations en lunettes autour des yeux, amaigrissement progressif, ongles anormalement longs, insuffisance rénale chronique. Un vaccin (CaniLeish) existe et des colliers répulsifs comme le Scalibor sont fortement recommandés dans les zones endémiques. Le traitement à base d’allopurinol et de méglumine antimoniate stabilise la maladie sans la guérir vraiment.
Les vers ronds (ascaris Toxocara canis, Toxascaris) et les vers plats (ténias Dipylidium, Echinococcus) sont extrêmement fréquents, particulièrement chez les chiots qui s’infestent par voie placentaire ou par le lait maternel. Ils provoquent des troubles digestifs, un poil terne, un amaigrissement malgré un appétit normal, parfois une anémie ou un retard de croissance. Plusieurs sont transmissibles à l’homme, notamment l’enfant en bas âge (toxocarose, échinococcose alvéolaire).
Un vermifuge tous les 3 mois chez l’adulte, plus fréquent chez le chiot (toutes les deux semaines jusqu’à 2 mois, puis mensuel jusqu’à 6 mois) constitue la base de la prévention. Les chiens vivant avec des enfants ou en milieu rural peuvent nécessiter un rythme plus soutenu.
Le ver cardiaque (Dirofilaria immitis), transmis par le moustique, reste rare en France métropolitaine mais existe en Corse et dans le sud-est. Il colonise les artères pulmonaires et le cœur droit. Le diagnostic et le traitement (mélarsomine) sont lourds et coûteux. La prévention par antiparasitaire spécifique est obligatoire pour les voyages en zone endémique.
Le système digestif du chien est très sollicité, parfois trop. Les troubles gastro-intestinaux figurent parmi les premières causes de consultation vétérinaire et recouvrent des réalités très différentes, de la simple indigestion à l’urgence chirurgicale absolue.
Inflammation de la muqueuse gastrique et intestinale, la gastro-entérite se traduit par des vomissements, des diarrhées, une perte d’appétit et un abattement modéré. Elle peut avoir de multiples origines : aliment avarié, corps étranger avalé, infection virale (parvovirose, coronavirus) ou bactérienne, intolérance alimentaire, changement brutal de croquettes.
La plupart des cas se résolvent rapidement avec une mise à la diète de 12 à 24 heures suivie d’une réintroduction progressive d’une alimentation très digeste (riz blanc bien cuit, blanc de poulet, courgette). Une persistance au-delà de 24 heures, des selles sanglantes, une déshydratation visible (peau qui ne reprend pas sa forme après pincement) ou un abattement marqué imposent une consultation urgente. Une bonne alimentation premium et stable réduit fortement la fréquence de ces épisodes.
Le SDTE est l’urgence vétérinaire absolue chez le chien. L’estomac se dilate massivement (gaz, fermentation) puis se vrille sur lui-même autour de son axe, coupant la circulation sanguine vers la rate et causant un choc cardio-vasculaire en quelques heures. Sans intervention chirurgicale immédiate, la mortalité dépasse 80 %.
Les grandes races à thorax profond et étroit sont particulièrement exposées : Dogue Allemand (risque sur la vie supérieur à 40 %), Berger Allemand, Setter Irlandais, Boxer, Doberman, Leonberg, Saint-Bernard. Les signes d’alerte sont caractéristiques : abdomen anormalement gonflé et tendu (effet « tonneau »), tentatives de vomir infructueuses (efforts sans rendu), salivation excessive, agitation puis abattement rapide, gencives pâles. La prise en charge doit se faire dans l’heure.
La prévention repose sur le fractionnement des repas (deux à trois par jour minimum), l’évitement de l’exercice physique intense dans l’heure suivant le repas, l’usage d’une gamelle anti-glouton pour les chiens voraces, et chez les races très à risque, une chirurgie préventive (gastropexie) lors de la stérilisation peut être discutée avec votre vétérinaire.
Les MICI canines (souvent désignées par l’acronyme anglais IBD) provoquent des diarrhées chroniques, des vomissements récurrents, un amaigrissement et parfois une mauvaise pousse du poil. Le diagnostic repose sur des biopsies intestinales obtenues par endoscopie. Le traitement combine régime alimentaire spécifique (protéines hydrolysées, faibles en résidus), corticothérapie et immunomodulateurs sur de longues périodes.
Les affections de l’appareil locomoteur sont très répandues, en particulier chez les grandes races, les chiens en surpoids et les chiens vieillissants. Elles partagent souvent un même mécanisme final : l’usure articulaire et le développement d’une arthrose chronique invalidante.
La dysplasie coxo-fémorale est l’une des maladies orthopédiques les plus fréquentes chez le chien, touchant en moyenne 20 % de la population canine et plus de 50 % de certaines grandes races mal sélectionnées. D’origine principalement génétique mais aussi influencée par l’alimentation du chiot et l’exercice trop intensif pendant la croissance, elle affecte surtout le Berger Allemand, le Labrador, le Golden Retriever, le Rottweiler, le Bouvier Bernois.
Elle se manifeste par une boiterie sur les postérieurs, une difficulté à se lever, une démarche chaloupée, parfois des sautillements en bipedie (« course de lapin »). Le diagnostic est radiographique (clichés sous sédation, lecture officielle pour les races à dépistage). Pour une analyse détaillée des causes, symptômes et traitements, consultez notre article dédié sur la dysplasie de la hanche chez le chien.
Moins connue que celle de la hanche, la dysplasie du coude touche environ 15 % des chiens de grandes races. Elle regroupe plusieurs anomalies (non-union du processus anconé, fragmentation du processus coronoïde, ostéochondrite disséquante) qui conduisent à une arthrose précoce. Le traitement peut être médical (anti-inflammatoires, chondroprotecteurs, perte de poids) ou chirurgical selon la sévérité et l’âge du chien.
L’arthrose est une usure progressive du cartilage articulaire, très fréquente chez le chien âgé (plus de 80 % des chiens de plus de 10 ans présentent des signes radiographiques d’arthrose). Elle provoque des raideurs matinales, des douleurs chroniques, une perte de mobilité, parfois des changements de comportement (irritabilité, retrait).
Si elle ne se guérit pas, elle se gère très bien avec une combinaison de leviers : maîtrise stricte du poids, anti-inflammatoires non stéroïdiens (carprofène, méloxicam), chondroprotecteurs (glucosamine, chondroïtine, oméga 3 EPA-DHA), exercice adapté en intensité régulière. La physiothérapie, l’hydrothérapie sur tapis aquatique et l’acupuncture vétérinaire donnent d’excellents résultats sur la qualité de vie.
Très courante chez le chien sportif, le chien en surpoids ou certaines races prédisposées (Rottweiler, Labrador, Boxer), la rupture du ligament croisé crânial provoque une boiterie brutale sur un postérieur, parfois après un saut, un faux mouvement ou une glissade. Elle peut aussi évoluer de façon chronique par micro-déchirures successives.
La chirurgie (TPLO ou TTA pour les chiens de plus de 15 kg, suture extracapsulaire pour les petits gabarits) est la solution de référence. Le coût se situe entre 1500 et 3000 euros par genou opéré. Une rééducation postopératoire encadrée est indispensable pour un bon rétablissement, et la rupture controlatérale (l’autre genou) survient dans 30 à 60 % des cas dans les deux ans suivants.
La luxation patellaire touche essentiellement les petites races (Chihuahua, Yorkshire, Cavalier King Charles, Bichon). La rotule sort de sa gouttière, généralement vers l’intérieur, ce qui provoque une boiterie intermittente caractéristique : le chien se met à sauter sur trois pattes pendant quelques pas puis reprend une marche normale. Quatre stades de gravité existent. Les stades 3 et 4 nécessitent une chirurgie corrective.
Les affections cutanées sont la première cause de consultation chez le vétérinaire généraliste, devant les troubles digestifs. Elles ont des origines très diverses : parasitaires (puces, gale, démodécie), bactériennes (pyodermite), fongiques (teigne, malassezia), allergiques ou auto-immunes.
Réaction allergique chronique aux acariens domestiques, aux pollens ou à certains aliments, la dermatite atopique est particulièrement fréquente chez certaines races prédisposées : Westie (West Highland White Terrier), Bouledogue Français, Labrador, Golden Retriever, Boxer, Shar-Peï. Elle débute généralement entre 6 mois et 3 ans.
Elle provoque grattages intenses (face, pattes, ventre, oreilles), récidives d’otites, léchages compulsifs des pattes (taches brunes caractéristiques sur les poils blancs), lésions cutanées suintantes par grattage. Le diagnostic est long et nécessite souvent un bilan allergologique approfondi (intradermoréaction, dosage des IgE spécifiques) et un régime d’éviction de plusieurs semaines pour exclure une allergie alimentaire concomitante.
Le traitement est multimodal : maîtrise de l’environnement (anti-acariens, traitement antiparasitaire rigoureux), alimentation adaptée (souvent hypoallergénique), shampoings apaisants, immunothérapie spécifique (désensibilisation), traitements ciblés type Apoquel (oclacitinib) ou Cytopoint (lokivetmab) qui ont révolutionné la prise en charge depuis 2015.
Les otites externes méritent une vigilance particulière chez les races aux oreilles tombantes comme le Cocker, le Basset Hound, l’Épagneul Breton, le Caniche, ou chez les chiens à conduit auditif étroit comme le Shar-Peï. Humidité et manque d’aération favorisent la prolifération bactérienne ou fongique (Malassezia pachydermatis le plus souvent).
Les signes sont caractéristiques : secouements de tête, frottements, mauvaise odeur, écoulement brunâtre ou jaunâtre, douleur au toucher de l’oreille. Le traitement nécessite un nettoyage doux, des gouttes adaptées au germe en cause (cytologie auriculaire essentielle) et le traitement de la cause sous-jacente, souvent une dermatite atopique.
Les pyodermites sont des infections bactériennes de la peau, généralement à staphylocoques. Elles se présentent sous forme de pustules, papules, croûtes ou érosions. Elles compliquent souvent une autre affection sous-jacente (puces, atopie, hypothyroïdie). Le traitement combine antibiothérapie ciblée (idéalement après antibiogramme), shampoings antiseptiques et prise en charge de la cause primaire.
Ces deux groupes d’affections, souvent sous-estimés, ont un impact majeur sur le confort quotidien du chien et sur sa longévité. Une surveillance régulière permet de les détecter tôt.
Les calculs urinaires (struvites, oxalates de calcium, urates) se forment lorsque l’urine est trop concentrée en minéraux ou que son pH est anormal. Ils provoquent des mictions fréquentes en petites quantités, des douleurs, parfois du sang dans les urines (hématurie) ou un blocage urinaire complet, urgence vétérinaire absolue chez le mâle.
Certaines races sont particulièrement prédisposées : Dalmatien (urates par anomalie génétique du métabolisme de l’acide urique), Bouledogue, Schnauzer, Yorkshire, Bichon. La cystite, inflammation de la vessie souvent d’origine bactérienne (E. coli majoritairement), présente des symptômes similaires. Une bonne hydratation, des sorties fréquentes pour vider la vessie et une alimentation adaptée limitent fortement le risque de récidive.
Fréquente chez la chienne stérilisée d’âge moyen ou avancé, l’incontinence urinaire se manifeste par des fuites involontaires pendant le sommeil ou au repos. Elle est liée à une baisse du tonus du sphincter urétral en lien avec la chute des œstrogènes. Un traitement médical (phénylpropanolamine, oestriol) résout généralement le problème.
Très fréquente, cette inflammation des gencives et des tissus de soutien des dents touche plus de 80 % des chiens après 3 ans. Le tartre et la plaque dentaire en sont les principaux responsables. Non traitée, elle provoque mauvaise haleine, douleurs lors de la mastication, déchaussement et perte de dents, et peut favoriser des infections cardiaques ou rénales à distance par bactériémie chronique.
Un brossage dentaire régulier (2 à 3 fois par semaine au minimum) avec un dentifrice canin, des lamelles à mâcher type Veggiedent, et un détartrage professionnel sous anesthésie tous les 1 à 3 ans selon le terrain changent radicalement la donne. Les petites races (Yorkshire, Chihuahua, Caniche) sont particulièrement sensibles et nécessitent une vigilance accrue.
Avec le vieillissement de la population canine, les maladies chroniques ont pris une place croissante dans la pratique vétérinaire. Elles requièrent un suivi régulier et souvent un traitement à vie.
Le diabète canin se caractérise par une hyperglycémie chronique liée à un déficit en insuline. Les signes d’appel sont une soif intense (polydipsie), une augmentation du volume urinaire (polyurie), une perte de poids malgré un appétit conservé voire augmenté (polyphagie). Une cataracte d’apparition rapide est très fréquente chez le chien diabétique.
Le traitement repose sur des injections d’insuline quotidiennes (généralement deux par jour) et une alimentation spécifique riche en fibres et pauvre en sucres rapides. Les chiennes non stérilisées et les chiens en surpoids sont les plus exposés. Certaines races sont prédisposées : Caniche, Samoyède, Beagle, Labrador, Schnauzer Nain. Le coût d’un traitement à vie se situe entre 100 et 200 euros par mois.
Très fréquente chez le chien senior (plus d’un chien sur trois après 12 ans présente une insuffisance rénale modérée à sévère), elle détruit progressivement les néphrons. Elle se manifeste par une soif accrue, des urines plus claires et abondantes, des vomissements, un amaigrissement, une baisse de la vitalité, parfois des ulcères buccaux dans les formes avancées.
Un dépistage sanguin régulier après 7 ans (urée, créatinine, SDMA, phosphore, ionogramme) permet une prise en charge précoce avec alimentation rénale dédiée (faible en phosphore et en protéines de qualité), inhibiteurs de l’enzyme de conversion (bénazépril), chélateurs de phosphore. Un chien diagnostiqué tôt peut vivre plusieurs années avec une bonne qualité de vie.
Les cardiopathies sont fréquentes chez le chien âgé. Deux affections dominent. La maladie valvulaire dégénérative mitrale (MVD ou endocardiose) touche essentiellement les petites races, en premier lieu le Cavalier King Charles (plus de 50 % à 5 ans, près de 100 % à 10 ans). La cardiomyopathie dilatée (DCM) affecte plutôt les grandes races : Doberman, Boxer, Dogue Allemand, Berger Allemand.
Les premiers signes sont souvent discrets : toux à l’effort ou la nuit, essoufflement, fatigabilité. Un souffle cardiaque détecté à la consultation impose une échocardiographie pour préciser le diagnostic. Les traitements modernes (inhibiteurs ECA, pimobendane, diurétiques) ont considérablement allongé l’espérance de vie des chiens cardiaques diagnostiqués précocement.
L’hyperadrénocorticisme spontané (maladie de Cushing) résulte d’une production excessive de cortisol, le plus souvent due à une tumeur hypophysaire bénigne. Elle touche essentiellement le chien d’âge moyen à avancé. Les symptômes sont caractéristiques : polyuro-polydipsie marquée, abdomen pendant en « bedaine », perte de poils symétrique sur les flancs, peau fine, faiblesse musculaire, halètement excessif.
Le diagnostic repose sur des tests endocriniens spécifiques (test à l’ACTH, test de freination à la dexaméthasone). Le traitement à base de trilostane (Vetoryl) est efficace mais nécessite un suivi rigoureux. Les races prédisposées sont le Caniche, le Teckel, le Yorkshire, le Boxer, le Beagle.
L’épilepsie idiopathique (sans cause identifiable) débute généralement entre 1 et 5 ans. Les crises tonico-cloniques sont impressionnantes : perte de conscience, convulsions des quatre membres, mâchonnements, salivation, parfois émission d’urines ou de selles. Elles durent rarement plus de quelques minutes mais peuvent se répéter.
Le traitement antiépileptique à vie (phénobarbital, bromure de potassium, levetiracetam, imépitoïne) permet de contrôler les crises chez 70 à 80 % des chiens. Les races prédisposées incluent le Berger Allemand, le Beagle, le Labrador, le Border Collie. Un statut épileptique (crises répétées sans reprise de conscience entre elles) est une urgence vétérinaire absolue.
L’obésité touche près d’un chien sur trois en France. Elle n’est pas une maladie en soi mais un facteur aggravant majeur de très nombreuses pathologies : arthrose, diabète, troubles cardiaques, certains cancers, complications anesthésiques, baisse de l’espérance de vie de 1,5 à 2,5 ans en moyenne. Sa prévention passe par une alimentation adaptée aux besoins réels (souvent surestimés), des portions mesurées à la balance, une activité physique quotidienne suffisante et la limitation drastique des friandises (qui ne doivent pas dépasser 10 % de l’apport calorique journalier).
Plusieurs maladies du chien peuvent se transmettre à l’homme, ce sont les zoonoses. Les enfants en bas âge, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes sont les plus vulnérables. La connaissance de ces risques permet d’adopter les bons réflexes sans pour autant céder à la paranoïa.
La prophylaxie régulière (vaccins, vermifuges, antiparasitaires) et l’hygiène de base (se laver les mains après contact, ne pas laisser le chien lécher le visage des enfants en bas âge, ramasser systématiquement les déjections) limitent très fortement les risques de transmission.
La majorité des maladies courantes peuvent être évitées ou leur gravité fortement réduite grâce à quelques gestes simples mais constants. La prévention repose sur une combinaison de leviers complémentaires que voici, classés par ordre d’importance pratique.
Le chien ne peut pas exprimer sa douleur par la parole, mais son comportement et sa physiologie en disent beaucoup. Certains signes doivent alerter et justifier une consultation vétérinaire sans délai.
Face à ces signaux, mieux vaut consulter trop tôt que trop tard. Beaucoup de maladies canines ont un bien meilleur pronostic lorsqu’elles sont prises en charge précocement, et le coût d’une consultation préventive reste très inférieur à celui d’une hospitalisation en urgence. Votre vétérinaire reste votre meilleur allié pour la santé de votre compagnon tout au long de sa vie.